Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ?
Où allons-nous ? Qui peut le dire ?
Nous sommes toujours dans la quête de nos origines et de notre destin et les temps sont loin d'être venus qui nous donnerons une réponse complète.
Mais il ne te sera pas indifférent, je pense, de connaître les faits que j'ai appris et qui concernent ceux - des nôtres - qui nous ont précédés, que toi et moi les ayons connus ou non.
C'est grâce à eux que nous sommes ce que nous sommes. Soit qu'ils aient influencé nos comportements - directement par leurs agissements ou exemples - soit que, d'une façon plus diffuse,
ces gènes, dont ils étaient porteurs et qui constituent notre essence même,
ces hommes ou ces femmes dont nous sommes issus ne sauraient nous être indifférents.
Lorsque j'ai commencé mes recherches généalogiques qui vont alimenter ces pages, je ne savais trop où elles me conduiraient. Mais je porte un nom et bien sûr mon intérêt allait premièrement à ceux qui comme moi l'ont porté depuis je ne sais quelles origines. De sérieuses difficultés - que je pourrais facilement surmonter si j'avais plus de liberté - m'ont conduit à m'écarter de la filière généalogique directe pour m'intéresser à ceux de tous lignages qui nous ont engendrés.
Nous allons donc nous trouver devant une liste de nombreux patronymes et de plus nombreux prénoms encore qui ne constitueraient bientôt qu'un catalogue sans intérêt.
Alors, il nous faut dire qui étaient ces hommes et ces femmes que leur destin soit accompli ou qu'ils soient toujours entre les vivants.
Il est bien temps d'écrire. En effet, je naissais, il y a presque 75 ans, un 16 octobre, dans la belle citée des Papes. Il faut donc se hâter !
La rédaction d'un acte ou d'un épisode de leur vie, un trait de leur caractère nous attacheront encore davantage à ces hommes ou ces femmes sans qui nous n'aurions jamais été …
Une
grande Aventure ...
Je
sais l'aventure est belle qui nous a tiré du néant. Elle est incroyablement
belle ! Mais elle est terrifiante, car infinie. Que peut-il y avoir, si ce
n'est le néant ? Jamais, il ne me viendrait à l'idée d'ôter à un humain
sa croyance en un au-delà, paradisiaque ou non. J'aurais aimé croire ! Mais
jusqu'ici, je ne l'ai pu ...
Aussi,
est-ce pour cela, peut être, que je ne voudrais arracher au néant - pour un
temps au moins - ceux avec qui j'ai parcouru un bout de chemin ou fait une
longue route. Et avec eux, ceux dont je n'ai connu l'existence que par une
anecdote qui a pu m'être rapportée. C'est suffisant pour les tirer un moment
de l'oubli, même s'ils doivent s'y engloutir définitivement un jour.
D'ici
que l'aventure humaine se termine, combien de dizaine de millions de milliards
d'êtres humains auront passé un temps sur cette terre ? Alors comment
organiser un futur, ne disons pas "éternel" mais seulement "perdurable"
à tous ces êtres qui auront vécu et qui tous ont droit à leur part
d'éternité ?
Puisque
nous ne sommes pas maîtres de ce grand jeu, contentons-nous de leur accorder
quelque survie précaire et fugace par le moyen de la chose écrite.
Même si ces êtres n'ont pas accompli d'actes historiques ayant fait
progresser l'espèce, ils auront été un moment de l'aventure qui compte bien
des héros et des génies mais plus encore des hommes et des femmes pareils à
ceux et celles qui vivent autour. La plupart d'entr'eux n'ont-ils pas souvent
grand mérite ?
Pour
les chrétiens, l'éternité a été accordée au fils de Dieu qui a souffert
sous Ponce Pilate. Au panthéon de l'humanité, il y a non seulement tous ceux
qui ont souffert sous les Ponce Pilate de tous les temps mais tous les hommes
qui ont souffert de naître et de mourir même si le bonheur les a, un temps,
habités.
C'est
pour moi un devoir sacré que de les rappeler un instant dans ce monde où ils
ont vécu et que, malgré tout, ils ont aimé. Et pour que ces lignes soient
moins sévères ... et aussi parce que c'est justice, je vous raconterai pour
commencer une belle histoire qui tout naturellement débutera par :
"Il
était une bergère ..."